La concurrence accrue entre les réseaux bancaires et les sociétés spécialisées en crédit à la consommation permet de plus en plus aux ménages à revenus moyens de bénéficier de conditions d'emprunt favorables.

L'équipement boosté par l'immobilier En 2008, le trend haussier se poursuit. Vers la fin du premier trimestre de l'année courante, l'encours des crédits à la consommation s'est réparti entre crédits affectés à hauteur de 36,61% (en hausse de 8,5% par rapport à la même période de 2007) et les crédits non affectés pour 63,38% (notant un léger recul de 4%). Parmi les crédits affectés, ceux qui continuent à drainer le plus d'adeptes sont les produits destinés à financer les véhicules, à savoir le crédit classique et la LOA. Cependant, l'analyse des statistiques de mars 2008 montre un repli de la part des crédits affectés à la LOA.

En effet, la production nette de cette catégorie de crédits pour le premier trimestre 2008 a connu une baisse de 49,3% par rapport à la même période de l'année précédente. Il s'agit d'une conséquence normale de la révision des taux de la TVA avec l'avènement de la loi de Finances 2008. Par ailleurs, le crédit à la consommation continue d'être boosté grâce à l'essor de l'immobilier. Les ménages accèdent de plus en plus à la propriété et dépensent de facto plus d'argent en matière d'aménagement et de renouvellement des biens d'équipement ménagers. Dans ce sens, le crédit affecté aux équipements domestiques durant le premier trimestre 2008 a connu une hausse de 26% par rapport à la même période de 2007.

De plus, le crédit à la consommation bénéficie de l'engouement marqué des Marocains pour les produits high-tech. S'agissant des crédits non affectés, ils arrivent en troisième position en termes de demandes après les crédits concernant les véhicules et l'équipement domestique. L'encours des prêts personnels s'élève à plus de 17 milliards de dirhams, en hausse de 15% par rapport à la même période de l'année 2007. L'encours du crédit revolving s'est établi, quant à lui, à 533,5 millions de dirhams à fin mars 2008, en progression de 14,87% par rapport à la même période de l'année précédente.

Une rentrée exceptionnelle ! Les crédits à la consommation sont distribués, à l'heure actuelle, pour plus de la moitié par les établissements spécialisés et le reste par les ‘'banques généralistes''. En effet, l'encours des crédits à la consommation délivrés par les banques à fin mars 2008 a atteint 21 milliards de dirhams, soit 42,96% de l'encours total, enregistrant ainsi une hausse de 40% par rapport à la même période de l'année précédente. L'encours des crédits accordés par les sociétés de crédit à la consommation représente un peu plus de 57% à fin mars 2008. Pour les banques, le crédit à la consommation est devenu un “produit d'appel''.

En développant ce segment, elles cherchent à acquérir de nouveaux clients et à effectuer des emplois rentables dans le contexte actuel de surliquidité. Le bas niveau des taux stimule fortement l'activité de rachat de crédit. Les banques et les sociétés de financement sont de plus en plus nombreuses à le pratiquer dans le secteur. La concurrence entre les banques et les sociétés de financement ainsi que le nombre croissant des emprunteurs en difficulté ont également contribué à l'adoption de ce mécanisme de crédit.

Si la demande touche tous les types de crédits à la consommation à des degrés différents, les périodes où la demande connaît un cru restent similaires. «En ce qui concerne les autres crédits personnels, le moment le plus favorable reste l'approche des fêtes, de l'été, ainsi que d'autres occasions telles que la rentrée scolaire, la fin d'année», nous explique Fayçal Benhamida, directeur commercial de Dar Salaf. L'équipement électroménager connaît également un accroissement de la demande avec l'approche de l'été.

Seuls les crédits concernant les véhicules dérogent à la règle. Pour les professionnels, il n'y a pas particulièrement de moment favorable concernant ce type de crédit, vu que la demande est existante durant toute l'année. A l'issue du premier trimestre, le secteur affiche de bonnes performances. Il connaîtra un dynamisme particulier dans les mois à venir puisque Ramadan coïncide avec la rentrée, sans parler de l'euphorie de la demande qui accompagne généralement la saison estivale.

Petit jargon du crédit à la consommation

Le prêt ou le crédit affecté Un lien de dépendance existe entre le contrat principal (l'achat) et le contrat de prêt (le crédit), à condition que ce lien soit expressément mentionné dans les deux contrats. Le crédit et le bien sont liés. Si le bien ne peut être livré, le crédit est annulé. De la même façon, si le crédit n'est pas accepté, la vente est annulée. On peut souscrire ce prêt dans un magasin ou chez un concessionnaire automobile. L'entreprise qui propose le crédit est mandatée, mais les papiers remplis proviennent d'un établissement financier. Ce dernier verse directement les fonds au vendeur.

Le prêt personnel ou le crédit non affecté Ce type de prêt n'oblige pas le contractant de justifier de l'utilisation des fonds. Il est proposé auprès des banques et des sociétés de crédit à la consommation.

La Location avec option d'achat Proposé par les banques ou les concessionnaires automobiles, ce crédit fait de son attributaire un locataire. C'est l'établissement de crédit qui reste le propriétaire du véhicule. A la fin de la période de location, il faut verser une option d'achat pour devenir propriétaire.

Rachat de crédits Ce mécanisme consiste à regrouper tous les prêts d'un client surendetté en un seul, avec un nouveau taux d'intérêt et une nouvelle durée.

Revolving Appelé également crédit permanent ou crédit renouvelable, il se définit comme une réserve d'argent permanente, accessible à tout moment, et qui se renouvelle partiellement au fil des remboursements. Le montant du crédit est déterminé en fonction des besoins du client ainsi que sa capacité de remboursement. Ce crédit présente l'avantage de la liberté d'utilisation pour l'emprunteur.