LE crédit classique tient sa revanche. Après avoir été dépassé par la LOA (location avec option d’achat), le bon vieux crédit à la consommation reprend du poil de la bête. Il vient de dépasser en nombre et en volume le fameux leasing. La raison de ce revirement est à chercher auprès du ministère des Finances. Le passage de la TVA sur les loyers de 10 à 20% a mis la LOA à genoux. Les chiffres de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) sont éloquents: le crédit classique passe de 3.688 dossiers au cours du premier trimestre 2007 à 7.284 dossiers pour la même période de cette année. La LOA régresse quant à elle de 5.088 à 2.382 dossiers. Ce mode de financement accuse également le coup en valeur puisqu’il passe de 515 millions de DH accordés à fin mars 2007, à 261 millions en 2008. Mais la régression de la LOA n’affecte ni les ventes des véhicules automobiles qui affichent un bond de 20%, ni les sociétés de financement. Pour les trois premiers mois de 2008, celles-ci ont même vendu plus de crédits (les deux formules comprises) atteignant 9.666 dossiers contre 8.776. Selon Mostafa Melsa, délégué général de l’APSF, «le passage à 20% était un peu lourd pour le client». Néanmoins, tempère-t-il, «le marché européen a déjà vécu cette situation, mais les sociétés de financement ont fait preuve d’ingéniosité pour proposer des offres adaptées aux clients». Au Maroc, les offres n’ont pas beaucoup bougé depuis le 1er janvier 2008. Toutefois, «la direction de l’APSF travaille sur une modulation des offres LOA afin de permettre à ce mode de financement de retrouver son attractivité», indique, pour sa part, Aziz Cher-kaoui, président de la section crédit à la consommation et à l’immobilier de l’APSF. Par ailleurs, la perception de l’acquisition d’un véhicule change. «Avant, la voiture était considérée comme un investissement colossal comparable à celui de l’achat d’un appartement». Aujourd’hui, poursuit-on à l’APSF, «cette perception a changé. Les clients veulent avoir un véhicule toujours neuf. Ils sont de plus en plus nombreux à louer pour 5 ans et à renouveler après ce délai», analyse Melsa. De plus, le développement de la LOA devrait entraîner une redynamisation et un rajeunissement du marché de l’occasion. Autrement dit, si la LOA se développe, la moyenne d’âge du parc automobile devrait passer de 15 à 5 ans…

source: l'économiste